jeudi 2 juin 2011
À St-Henri le 26 août; un rant venu de l'ouest
Wow, ça fait longtemps. J'imagine qu'on vous manque pas tellement, puisque que tous les derniers commentaires étaient ceux d'un osti de troll qui aime répéter que je suis grosse. Salut, dumbfuck; je suis effectivement grosse. Moving on.
Je sais pas pour les autres, mais pour ma part, je travaille beaucoup, alors j'écris beaucoup, et surtout, je vais bien, alors l'envie de chialer ici me prend moins souvent maintenant que je fais quelque chose que j'aime au lieu de croupir dans l'empire Quebecwhore comme jadis (Merci, Sof ♥)
Mais là, ce soir, mes amis et moi avons regardé le film à St-Henri le 26 aout, en groupe, pis on est collectivement en tabarnak. Et en tabarnak égale Feeling Nouveau :)
On habite tous St-Henri depuis quelques années, pour ma part, ou quelques mois, pour d'autres, et on est très fan d'À St-Henri le 5 Septembre, d'Hubert Aquin, qui a tellement capturé le mignon et le tragique du St-Henri de l'époque. On était excités comme des jouvencelles de voir l'hommage, et on s'est installés au salon avec mille munchies (oui, pour nourrir mon gros cul, cher hater) et les yeux plein d'étoiles pis toutte.
Man, j'ai jamais entendu des gens crier autant de colère durant un film. Jamais. On a voulu faire stop cent fois, on s'est plaint, on a ragé SANS ARRÊT. Ce film était d'une pourriture pour laquelle il faudrait inventer un nouveau mot. No joke, là, on adore notre quartier; vous autres, à l'est, vous savez pas, mais y'a ici des trucs tellement magiques, ici. De la beauté partout, des secrets bien gardés, de la vie, des arbres, de magnifiques parcs, des fontaines, de l'amour pis de l'osti de bon café. On passe déjà le clair de notre temps à essayer de convaincre les Rosemontois que notre quartier, de un, n'est pas loin du tout, et qu'il existe une vie au-delà de la ligne orange entre Berri-UQAM pis Jean-Talon (ÇA, c'est loin. C'est presque Laval, dit-elle en cherchant la marde).
En fait, on aime vos quartiers aussi (non pas vraiment), mais le nôtre a mauvaise presse et mériterait pourtant tellement d'amour, parce qu'il faut le vivre pour le savoir, et il faut accepter que le Plateau, c'est pas le centre de l'univers, et bon, ça c'est dur à accepter pour certains. Anyway. Que vous aimiez ou non St-Henri, en sachant de quoi vous parlez ou non, c'est pas si grave, au fond, ça en fait plus pour nous.
Mais là ou on débuzze vivement, c'est que cet osti de film, qui est censé être un hommage à notre maison et au chef d'oeuve d'Hubert Aquin, qui était touchant, honnête, bien shooté, attachant, n'est en fait qu'un wannabe documentaire sur le Kosovo que le crew n'avait pas les moyens de se payer. Ils voulaient de la pauvreté pis du grim, et ils ont fabriqué une réalité extra warpée qui n'est pas DU TOUT celle du quartier ou je vis et où je compte vivre encore longtemps.
Sans joke,
PIRE choix de gens à showcaser, à quelques un près. PIRE démarche, PIRE réalisation, PIRE photo surexposée désaturée crue pis déprimante pis pas belle, PIRE PIRE PIRE.
Sérieux, si ils voulaient faire un docu sur New Orleans post-Katrina, osti, ils avaient rien qu'à y aller, au lieu de conforter les Rosemontois dans leur illusion que notre quartier est une dompe qui n'a rien à offrir.
Je voudrais pas vous donner des spoilers, mais en gros, tout le monde ici est vraiment pauvre, gris, laid et a une dentition de marde. La seule personne qui donne son avis sur le quartier fait un mini-rant sur combien il n'habiterait jamais ici pour sauver sa vie. À St-Henri, il n'y a pas d'arbres, pas de parcs, pas de jolis buildings, pas d'enfants qui ne soient pas illettrés et couverts de bouette. Parce qu'à St-Henri, il n'y a pas de jouets alors on joue avec de la bouette. Y'a pas de bons restos non plus. Et pas de gens avec des joues roses.
Non. Ici c'est gris, le ciel est jamais bleu, on a surtout pas le canal Lachine avec sa superbe piste cyclable, des rues magnifiques, des squares toujours remplis de touristes en bus jaune comme celui devant chez moi, on n'a pas de familles heureuses, pas de gens ayant un niveau de vie décent, ou rien.
On a des vieilles madames avec les dents pourries qui volent des légumes dans les dumpsters du marché Atwater en rêvant d'être millionnaires. On a des dudes qui déracinent la tourbe pour envoyer du 110 volts das la terre à la recherche de vers de terre, on a des madames pas belles avec les cheveux de Pat Benatar, des blocs laids, des coréens de dépanneur dépressifs, des ruelles sales pis de grosses usines désaffectées à chaque trois pouces. Qui sont mal ventilées où meurent des travailleurs du textile, qu'on jette clairement dans le canal dans des buckets. Avec notre caca, parce qu'on n'a sans doute pas de système d'aqueduc ou rien, vu qu'on vit dans un fucking bidonville surplombé EN ENTIER par l'échangeur Turcot. Ri-di-cule!!!!
On omettait on purpose tout ce qui est beau ici, et du beau y'en a tellement, au profit de plus pis plus pis plus de laitte, de pauvre, de béton, de chars défoncés, de ruelles laides, de saleté, parce qu'à St-Henri tout le monde est laid, inculte, pauvre, édenté, vieux fumeur pis travaille dans une shop pis est payé en Budweiser. On voyait parfois l'ombre de nos plus belles rues à travers la vitre d'un char, ou des fois par pur hasard, pis la caméra s'empressait de se tourner vers une osti de boutique de linge glauque fermée depuis 50 ans dont la façade pourrit. Surtout pas le magnifique théâtre de l'autre côté de la rue ou les superbes églises, ou la vieille caserne, ou la rue De Coursol, ou le Parc St-Henri, ma lovely front yard, où le soleil brille à travers les arbres immenses au son de la fontaine et des chiens du quartier qui jouent. Nenon. Juste le laid, soigneusement cadré comme s'il n'y avait que ça.
La condescendance, pis le sensationnalisme, à la limite, comme si on n'était qu'un wasteland de BS qui mangent dans les vidanges qui vivent à l'ombre d'un échangeur en béton qui nous cache les nuages; comme si ici, le ciel était toujours gris, crisse, et que les saoulons sans-abris garbage diggers, pis les dudes random qui électrifient la terre étaient représentatifs des gens qui vivent ici??? Osti, POURQUOI elle va dans les égouts? POURQUOI les dudes en chopper électrique?? POURQUOI les crusty punks qui se lancent des couteaux dans un junkyard??? COME ON.
Vraiment!!! J'ai bientôt fini de ranter. Chacun a droit à sa vision, même si elle est celle de gens qui aiment mettre l'emphase sur la petite crotte au milieu d'un champ de fleurs pour faire un docu qui s'appelle "un champ de marde à perte de vue". Trop de documentaristes sont incapables de voir du beau dans autre chose que le sale, le cru, le dégueu sans mesure. Si ce docu s’appelait "I Hate St-Henri", ça passerait encore. Mais ça se prétend un hommage au quartier. Et à ce sujet, on est crissement confus.
Mon quartier, il est vivant. Il est magnifique. Les gens y sont beaux et différents, et n'ont pas l'air des gens sur Mont-Royal, ce qui est reposant de temps en temps. Mon quartier est tranquille, les apparts y sont abordables, on a plein de métros (take that, rues Masson pis Parc) et surtout, les gens y sont normaux, comme partout ailleurs, riches pis pauvres, beaux pis laids, jeunes et vieux. Y'a pas JUSTE des pauvres un peu sad que vous aimez filmer en feignant de ne pas les juger alors que vous les présentez comme un freak show pour que les critiques péteux puissent dire que c'est donc beau pis cru la réalité des "autres" pour ensuite retourner boire du crisse de vin de glace et mangeant des terrines avec des Ray-Ban dans face.
Je vais me calmer, ça va mieux, maintenant, et je dirai ceci: j'aurais aimé que le film dresse un portrait plus juste de la vie ici; qu'il donne à St-Henri l'amour qu'il mérite; qu'il soit honnête au lieu d'être stagé et péjoratif.
Je lis plein de critiques qui disent trouver ça dont vrai pis poignant; well désolée de péter votre bulle, mais si vous trouvez ça vrai, vous avez clairement jamais mis les pieds ici.
Ou peut-être que vous avez juste visité nos égouts. (sérieux, WTF les égouts???)
Ciao.
Vous me manquez, vous autres. Des fois.
Gab
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vendredi 10 décembre 2010
Best Of Kama Sutra Part Deux

Hey!
Ça aura été long, mais voici la 2e partie de mon best of du Kama Sutra. La première partie est ici: http://www.feelingnouveau.com/2010/10/best-of-kama-sutra-part-one.html
La dernière fois, on vous a enseigné l'art subtil de zigner les madames d'une façon ultra-spécifique pour les titiller. Aujourd'hui, plusieurs façons d'enlarger ton pénis en y fourrant un squelette de corbeau, comment forcer une bitch à t'aimer à l'aide d'os pulvérisés, comment t'auto-percer la graine sous l'eau et comment agrandir ou tightener la noune de ta prochaine en une nuit seulement avec des pâtes faites maison.
Du plomb dans des trous, des fleurs de lait de buffle, du mascara ancestral fait avec des os, marde de singe au visage; PARTY.
Je répète pour la forme; RIEN n'a été rajouté. C'est tel quel. No shit.
Objets sexuels
Les phallus artificiels peuvent être d'or, d'argent, de cuivre, de fer, d'ivoire, de corne etc. Babhravya soutient cependant que ceux qui sont de zinc et de plomb sont de contact frais, doux, et permettent plusieurs frottements. Ils peuvent être aussi de bois. Ils doivent aller au phallus comme un anneau ou un gant.
Expérience avec les parties du corps
Il y a plusieurs étapes de perforation du phallus. Grâce à cette perforation, un homme peut insérer des phallus artificiels, de différentes formes et dimensions. Ils peuvent être tubulaires, ou arrondis à une extrémité, comme un mortier de bois; ou comme une fleur épineuse; ou comme un squelette de corbeau; ou comme une trompe d'éléphant; ou comme une toupie; ou comme le shringataka triangulaire.
Voici la méthode pour perforer le phallus: après qu'un jeune homme a perforé son phallus avec un instrument pointu, d'une extrémité à l'autre, il doit rester dans l'eau aussi longtemps que le sang continue à couler. Puis au soir, le jeune homme doit avoir plusieurs rapports, de façon que la perforation ne se bouche pas. Après, les autres jours, il doit laver le trou avec du kashyam (une boisson fermentée) et du yashtimaduka (une autre liqueur, mélangée avec du miel). Cela aide à cautériser la blessure. Après cela, il doit essayer d'élargir la perforation avec un karnika (un doigt, le majeur) de sîsapatra (plomb), après l'avoir lubrifié avec de l'huile de bhallatâka (une noix). Cela rend l'insertion plus facile.
Potions et toniques secrets
Voyons maintenant la façon d'agrandir le phallus. Il peut être agrandi en l'espace d'un mois, si il est oint avec du jus de fruit de brahti, ou de beurre de lait de buffle, ou l'huile de ricin. On obtient des résultats semblables en faisant bouillir lentement dans de l'huile des graines de grenade, ou un morceau de vâlukâ (camphre), ou le fruit de brahti. On masse le phallus avec le liquide restant, ou on le baigne dedans.
Quand un homme répand sur la tête d'une femme, un mélange de poudre de snuhikantaka, de punarnava (ongle), d'excréments de singe et de racine de langalika, cette femme ne peut aimer un autre homme.
Si l'on enduit le vagin d'une femme appartenant au type vache-éléphant, de jus de fruit du kokilaksha (blanc), l'organe se contractera en l'espace d'une nuit. En revanche, le vagin d'une femme du type biche peut être élargi, aussi en l'espace d'une nuit, s'il est enduit d'une pâte de lotus blanc, lotus bleu, arbre sâla résineux, de sugandha (à la bonne odeur), et de miel.
Un collyre, préparé dans un crâne humain, contenant de l'huile d'aksha et une mèche de coton enduite de pâte faite d'ingrédients finement pulvérisés, appliqué sur les cils, donne un beau regard.
Quand un homme enduit son phallus de poudres de dhatturaka, de maricha et de pippali, mélangées à du miel, avant de s'adonner à l'union physique, il parvient à satisfaire pleinement sa partenaire. On obtient des résultats identiques quand un homme (avec sa main gauche) ôte les feuilles et les guirlandes d'un cadavre, et les mélange aux os pulvérisés d'un oiseau jivanjivataka, et applique cette préparation sur le front de la femme, et sur ses propres pieds. De même, si un homme enduit son corps, avant de prendre un bain, avec un mélange de miel, de poudre d'amalaka, et d'os d'un vautour femelle qui est mort de mort naturelle, il peut attirer à lui toutes les femmes.
Faque c'est ça. Allez mettre tout ça en pratique et revenez-moi avec du feedback. Et des photos, please.
mercredi 8 décembre 2010
samedi 23 octobre 2010
Best Of Kama Sutra - Part One

Tout le monde connait le Kama Sutra, au moins un peu. Well, il semble que personne ne l'aie jamais lu. J'ai reçu une édition du Kama Sutra en cadeau, y'a des mois, et il y a de ben jolies images dedans. L'autre soir, mon chum a décidé, alors qu'on faisait rien comme il se doit un dimanche soir, de m'en faire la lecture à voix haute alors qu'il trainait depuis des mois sur la table à café.
OH. MY. GOD.
Vous avez MÊME pas UN PEU idée de la junk qui se trouve là-dedans! De toutes les affaires sick, pas hygiéniques et downright NOCIVES que je connaisse, celles du Kama Sutra remportent haut la main le prix des plus insane et spécifiques. Pour aujourd'hui, on va garder ça soft, et vous dire comment approcher quelqu'un old India style. Quand vous serez loussés, on va commencer à vous citer comment percer votre propre graine et vous fabriquer du mascara ancestral dans un crâne humain.
Parce tout y est, vraiment. Pas juste l'art de fourrer en forme de pretzel, oh non.
C'est pas une blague, là. J'ai RIEN changé, pas un seul mot. J'ai simplement choisi mes passages préférés. Prenez des notes, parce que c'est spéficique en crisse. Ça me met des images vraiment super drôles dans la tête de ce que ça donnerait le week-end au Salon Officiel ou autre endroit en vogue où vous allez chercher l'amour, jeunes gens.
***
Les Soixante-Quatre Arts
"Une fille doit étudier le Kama Sutra et les Arts subsidiaires avant le mariage, et, au cas où elle se marie, l'étudier encore, avec l'accord de son époux. (Le consentement du mari est nécessaire; autrement, elle sera taxée de coquetterie et de caprice)"
Mariage
"Les raisons pour lesquelles un homme prend une seconde épouse, sont la stupidité, une moralité défectueuse, le mauvais caractère, la stérilité de la première épouse, les naissances successives de filles exclusivement, ou ses propres penchants sexuels anormaux."
Tâter le terrain
"Un homme désirant parvenir à ses fins avec une femme doit commencer par une brève et agréable étreinte, se limitant aux parties supérieures du corps. Si elle accepte cela de bonne grâce, il doit lui offrir du Pân (feuille de Béthel) de sa propre bouche."
Avances amoureuses et préliminaires
"Quand une femme montre qu'elle est accessible, elle le manifeste de plusieurs façons: elle tremble et parle d'une voix défaillante. Ses mains, ses doigts, son visage et ses pieds transpirent. Elle lui propose de lui masser la tête et les cuisses. Feignant d'être fatiguée, elle se presse contre lui, comme ensommeillée, roucoulant de plaisir, en l'enlaçant de ses bras et ses jambes. Quand il lui demande de lui masser l'aine, et ne montre aucun déplaisir ni aucun refus. C'est très fermement qu'elle garde sa main posée sur cet endroit."
Cour et Éveil
"Un homme et une femme qui ne se sont jamais rencontrés auparavant, peuvent manifester leur amour mutuel de quatre façons:
Sprshtaka (contact); l'homme, mis en face de la femme, feint de passer son chemin, ayant quelque autre affaire, mais s'arrange pour faire en sorte que leurs corps se touchent.
Viddhaka (blessure): la femme, découvrant l'homme assis ou debout, tout seul, le heurte violemment de ses seins (feignant de lui arracher quelque chose des mains). L'homme, quant à lui, la pressant, la tient étroitement enlacée.
Udgrshataka (frottement): dans l'obscurité, ou dans une foule, ou dans un lieu isolé, ou tandis qu'ils marchent ensemble, l'homme et la femme se frottent corps contre corps fréquemment.
Pititaka (réunion, mélange): c'est une variété d'udgrshtaka, la femme est fortement pressée contre un mur ou un pilier, debout."
***
Maintenant que vous savez cruiser, gardez l'oeil ouvert pour le prochain post, où je vous apprendrai comment enlarger votre pénis, shrinker votre vagin de type vache-éléphant et dipper toutes vos parties dans de l'animal mort en poudre. Party!
dimanche 17 octobre 2010
South Central (un texte de l'été)

I drove by my old neighborhood today. The hot weather really makes all the fucked up sweaty people in short shorts emerge from their winter holes. I had almost forgotten the neverending display of fat, old and dirty ladies drinking beer on their two by two balcony, next to an obese cat, a baby with snot all over their face and a row of twenty satellite dishes. It smelled of two ingredient ketchup spaghetti, instant coffee and weed; there was garbage being thrown around by the wind, and I had to roll up my window to avoid getting an empty Ramen bag in my face. The people were walking by slowly, their dirty hair dancing weirdly, with sweat spots under their arms, ridiculous amounts of empty beer cans clanging in their plastic bags. There was a million crusty cats, even more crusty pigeons, and a background noise of trashy children being yelled back home by their mom, swearing, dragging their naked feet and dusting off their dirty knees, in no mood to leave the street corner and go eat white bread baloney sandwiches in front of a shitty afternoon tv show while daddy falls asleep on the stinky couch, drunk, with a lit smoke in his mouth.
I got nostalgic. There was something so endearing, so comforting in seeing all those people with such low expectations, such limited options, such little self-respect; I used to feel like a fucking supermodel when I was walking down the street in my pajamas, bra-less, without my makeup on. No matter how gross I felt, there was always the soothing sight of a beat-up crackwhore to make me feel like a million bucks. There's something very tiring in being buried so deep in human despair, seeing it every day, losing yourself in it to the point where it's hard to believe you don't actually belong; but as I drove by today I found myself missing the smells, the sights, the vibe of the place; missing a time where whatever happened, wherever I ended up, it HAD to be better than this. The tiny secret moments where something beautiful would sneak its way into the daily gray; the ease with which the smallest shiny thing would feel magical, almost stolen, clashing with the depressing background. Beauty was so scarce, so rare, that the tiniest glimpse of it made my day. Everything was so ugly, feeling pretty was effortless. I miss needing almost nothing to feel amazed; I had no idea back then how beautiful life was gonna get.
Anyway, I was feeling all cutesy. And then some cheap slut with her one-piece lycra suit riding up her camel toe walked by and spat a big chunk on the sidewalk and also a little in my windshield.
I drove away.
lundi 27 septembre 2010
J'HAÏS LE HOCKEYYYYYY

Bon, c'est encore ce temps-là de l'année. Et par ce temps là de l'année, j'entends environ 99,9% du temps, à l'exception de genre deux semaines durant l'été. Je vais froisser tous mes amis avec ce post, et aussi les trois autres quarts de Feeling Nouveau (wait, on est cinq, mais je sais pas si le metalhead au Japon aime ça, lui, ou pas), ma mère, toute ma famille, mes voisins pis le gars du dép, bref tout le monde sauf mon mari, (et c'est d'ailleurs un de ses traits les plus sexy de ne pas aimer ça) on recommence déjà à parler de l'osti de hockey.
Sérieux, crisse? Ça fait trois secondes que c'est fini! Les camps d'entrainement, les séries, les finales, je l'sais tu, mais excusez-moi, c'est vraiment TROP. C'est trop!!!! On va entendre parler que de ça!!!! C'est quand même juste des gros beefy jocks même pas beaux à qui il manque souvent des dents qui sont payés incroyablement cher pour pousser un morceau de rubber. Le sport en soi, je m'en tape, je l'haïs pas plus qu'un autre, mais on en parle tellement trop! TELLEMENT! C'est à croire qu'il se passe plus rien dans le monde durant six mois dans l'année parce que les Canadiens, qui si je ne m'abuse sont poches et n'ont rien gagné de bien hot depuis avant votre naissance, ont yet again poussé une puck à des places. Osti, ça fait les front pages de journaux pas très hot quatre fois semaine, come on!
Pire encore, ça transforme plein de gens respectables et intello que j'aime en gros animaux qui beuglent avec la face pleine de sauce à wings. Ça se la joue branché et blasé le reste du temps, mais mets-les devant un gros écran avec des chips pis de la bière, et on retourne à l'âge de pierre. Tout le monde devient un espèce de Mathieu de Loft Story, s'exprime avec des grognements, se peinture grossièrement la face et, j'en suis certaine, se met à PUER PLUS. En plus, ça namedrop constamment des joueurs dont c'est même pas capable de prononcer le nom, ça empoisonne chaque conversation en ramenant tout à cet esti de JEU comme si on était en temps de guerre et que c'était impossible de penser à autre chose. Aimer un sport, c'est une chose, mais ne pas pouvoir exister trois minutes sans lire le nom de Halak, ou whatever, spray painté sur des chars, écrit sur des boules, tatoués dans des fronts, sur des arrêt stop, sur le journal, sur Twitter, des drapeaux, des fanions, des gros doigts en mousse, des calottes, des t-shirts, des t-shirts pour chiens, des serviettes, des stickers, des bobettes, OKÉÉÉÉ osti ENOUGH!!!!!!!!!!!!
Sans parler de tout le gossip que ça engendre, qui est la femme de qui, qui est échangé contre qui, qui a fait une jambette à qui, on se croirait dans un épisode infini de Virginie encore plus plate que les autres que ça coûte soit soixante piasses de câble ou trente piasses de bière pour pouvoir regarder. (Ce qui est assez niaiseux, je trouve. Ne plus jouer le hockey en français sur les chaines gratis, sérieux? C'est quoi le plan? Allo, Molson people. Ton auditoire, c'est pas typiquement la haute société ni du monde filthy rich. C'est chien.) Si bien que tu peux juste pas t'en sauver JAMAIS. En première page, partout, y'a la grosse face suante de some dude mid-action qui fait une face de sport. En regardant dans son regard absent, là où vous voyez de la gloire et le sparkle du héros, moi je vois un gros cave gluant pas capable d'enligner deux mots sans roter. Sorry, mais cé ça.
J'en ai juste assez. L'an dernier m'a tellement écoeuré, crisse, je suis juste pas prête à recommencer DÉJÀ à me faire pousser cette insignifiance géante dans la gorge, pitié, pas déjà... Les gros épais qui klaxonnent sans arrêt pour rien et qui manquent de me faire prendre le clos, les espèce de cheap sluts à eye-liner blanc avec des tanks tops du CH sur leurs pas-de-totons, l'absolue impossibilité de circuler dans mon coin mille soirs semaine à cause du trafic du Centre Bell, tous les gros colons sur la go parce que leur blonde est restée chez eux, fuck... Si t'as à ce point-là besoin de te sauver de ta blonde, esti de gros BS cliché, laisse-là, fuck, au lieu de te servir du hockey comme prétexte pour te pousser, abuser des pretzels, aller aux totons pis pincer le culs des waitrices. Bon pardon, là je divague un peu, mais avouons que le fan de hockey moyen est pas exactement Hubert Reeves, right??? Yet la moitié du temps, dès que des gros épais courent après le morceau de plastique, vous vous transformez tous en lui. C'est fucking déprimant.
En terminant, qu'on me parle pas du côté rassembleur, parce que ça en devient juste insultant. Des causes qui valent la peine de se rassembler, de s'émouvoir devant la force de la masse, de se rapprocher des gens qu'on aime en s'unissant pour un but commun, y'en a des milliards, et vous vous en câlissez éperdument. Vous voulez vous unir, flasher votre fierté d'être Québécois, beugler votre sentiment d'appartenance? Levez les yeux de votre TV, osti. Charest et Harper ont été élus pendant que vous aviez les bras enfoncés jusqu'au coude dans la sauce BBQ de la Cage au Sports. Fuck votre argument du "c'est rassembleur, c'est notre héritage". N'importe quoi. Vous êtes pas fiers de fuckall.
Anyway, pitchez moi pas de roches, là, je pense pas que je suis la police des divertissements intelligents, je suis fan moi aussi de plein de shows vraiment stupides qui font juste endormir mes angoisses et stimuler la zone gros singe de mon cerveau. Et c'est ben correct. Je vous juge pas ou rien, quoique non, je vous juge. I really. Don't. Get it. Mais ça on s'en fout. Mon point c'est que l'over-exposure du hockey, c'est vraiment trop. Way, way, way trop.
Un ami me disait ça tantôt, et well, c'est cute, pis il a raison. Échange.
Lui: Right. Reste que, comme mindless entertainment, se retrouver avec genre 5 chums pis regarder une game en buvant de la bière pis en criant, c'est déjà mieux que regarder la lutte.
Moi: Non, du tout. Au moins la lutte fait pas les headlines CHAQUE JOUR six mois par année.
Lui: Non je suis d'accord, le front page du JdM à tous les 2 jours, c'est too much. Cela dit, pour moi, watcher le hockey, c'est plus comme "suivre une télésérie". Mais bon, je pense pas que tu doives juger le monde qui regarde le hockey casually. Virginie aussi ça joue à tous les jours, y'a des changements de trios pis des échanges (le gai de Sophie Paquin contre la fille de Marcel Leboeuf pis deux choix au repêchage), pis c'est tout le temps la même fuckin' histoire. Mais je vois pas de fanions VIRGINIE 4 EVA sur les Taurus de mes voisins. Et au millième épisode, on a pas renommé une rue pis on n'a jamais fait de film sur CHantal Fontaine, même si son nom commence par CH pour vrai, elle.
Euh WORD.
mercredi 22 septembre 2010
Ah pis fuck it.
![]()
Today was not a good day.
Entre deux nouvelles de possibilités de job awesome facilement obtenues qui vont pas marcher finalement, je me surprends à devenir comme (toi) pis à être incapable d'être contente pour mes amis pour qui ça va bien. So non seulement je suis une loser pas de job, mais je suis une amie de marde centrée sur elle-même.
Ça va pas bien. Ça va pas. Je conduisais autour de McGill tantôt, à regarder tous les petits étudiants tout frais et roses aux joues, heureux, nerveux, attendrissants. Jeunes, surtout. Ils ont choisi une direction et ils ont encore le temps de faire quelque chose de leur vie. À leur âge, moi, j'étais incapable de rester au cégep. J'étais incapable de manger, aussi, j'étais étrange, je perdais mon temps, je savais rien, et maintenant il est juste trop tard.
Dans quelques jours, je vais avoir vingt sept ans, et il est trop tard. Ce trip là d'être un jeune frat boy cave avec rien à perdre, d'être une freshman niaiseuse et insouciante, à dater des jolis garçons avec les yeux bruns pour quelques semaines, me peinturer les ongles en bleu, faire des batailles d'oreillers, porter des pantoufles en forme de lapin, ce trip-là, je l'ai jamais vécu, et je vais jamais le vivre. Être cette personne-là, ça va juste jamais m'arriver. À leur âge j'étais sombre, pauvre depuis longtemps, pognée au froid avec mon linge dans une taie d'oreiller, sur Ontario, à chercher une maison.
Mine de rien, c'est dur d'accepter ça. Il semble qu'à partir de maintenant, tout va juste devenir plus cher, plus difficile, plus sérieux, plus compliqué. J'ai aimé me dire que j'avais encore le temps pour des années, mais je l'ai plus, là, le temps. Je suis officiellement loser. Je l'ai perdu, le temps. Il passe vite, le câlisse, et il pardonne vraiment pas.
J'ai perdu toute cette dernière année à faire tout ce que je voulais, sur le bras, à prendre mon temps, à dormir, à regarder dehors changer les saisons en trouvant ça beau. J'ai attendu l'épiphanie, l'option facile qui me tomberait dessus, parce que je sais que si rien me tombe dessus, je ferai jamais rien.
L'épiphanie, elle est pas arrivée. Et maintenant faut recommencer. Encore. Faire pareil comme avant, et j'en ai pas envie. Moi j'avais envie de penser que j'étais spéciale pis que ma vie le serait aussi.
Je suis pas spéciale. Pis toi non plus. Je le sais maintenant, mais c'est pas plus facile de vivre avec ça pour autant. Je reste pognée avec le feeling que le monde tourne autour de moi, parce que tsé, c'est la seule perception que j'ai, à travers mes yeux, et j'ai envie de trouver ça important, mais crisse, je lève les yeux deux secondes et je suis bien obligée d'admettre que ça a aucun sens.
C'est que je me laisse toujours prendre par ces espèces de moments forts, tsé quand tu marches dans la rue en écoutant une osti de bonne chanson, pis là tout est un vidéoclip, tout fitte, pis yish que la toune est bonne pis que c'est intense de vivre et que tes émotions sont sérieuses. C'est l'automne, tout le monde marche en rythme et tu t'inventes des regards intenses avec des inconnus en te faisant des scénarios dans ta tête.
Ces scénarios-là, ils se réalisent jamais, et deux secondes après t'attends à une lumière comme tout le monde, pis tout le monde s'en crisse de toi.
Je suis censée faire quoi, moi, si je suis pas capable de me contenter d'avoir une vie juste "ok"? Je l'aurai pas, la vie que je veux. Cette vie-là, elle est pour les films et pour les gens qui foncent. Moi, j'ai tellement peur de perdre que je fais absolument rien. Je l'aurai pas, ma vie, il est trop tard. Je vais devoir "faire des compromis", "me contenter de ce que j'ai", pis un jour, si je me fie aux statistiques, je vais mourir d'une mort lente et painful, et je vais disparaitre. Ça, ma vie, ma vie que je prends donc au sérieux, qui me cause tellement d'osti d'émotions, elle aura rien changé. Rien. C'est indéniable, pis je m'excuse, mais c'est horrible.
Pourquoi j'ai la capacité d'avoir des rêves de grandeur et un instinct de "faire une différence" alors que, dans le grand scheme of things, ça va juste pas arriver? Des fois, c'est relaxant de constater son insignifiance. Mais des fois, comme maintenant, ça donne envie de laisser tomber, et ça rend mon darkness plus grand que mon coeur. J'ai plus mille options, là, je vais soit devoir accepter que je suis inutile, ou je vais devoir abandonner. Voyez-ça comme vous voulez, mais moi, ça fait rusher ma tête.
Vous êtes trop nombreux. Vous êtes partout, vous êtes tous pareils, vous faites du bruit, vous faites des bébés, vous générez des vidanges, vous mangez, vous chiez, vous mourez, vous me rendez frustrée, indifférente, horny, vous me faites rire, et j'suis juste tannée de voir vos faces, vos traits prévisibles, vos outfits étudiés. Tout ça, ça sert absolument à rien. Tout m'insignifie de plus en plus... J'avais des valeurs, avant, y'avait des choses qui m'importaient. C'est plus tellement le cas. Tout ce que je fais, je le fais juste pour passer le temps.
J'imagine qu'il y a un juste milieu entre être complètement égocentrique pis se trouver insignifiant dans la masse, mais je l'ai pas trouvé. Je me fais chier dans les deux cas. Je vis de la shit, et j'ai bobo, ou j'ai du content, mais en fait, ça crisse rien. C'est même pas un peu important. Pis sachant ça, la souffrance devient plus souffrante et le bonheur s'éteint. Je pense pas que je vais être capable de vivre sans que l'amertume pis l'envie prennent toute la place, et je veux pas vivre comme ça. Elle me sert à rien du tout, ma grosse tête, si j'ai pas les balls qui vont avec.
Je veux pas accepter une existence insignifiante, mais je veux pas passer ma vie à me battre non plus, à essayer de trouver du merveilleux dans de la marde. C'est peut-être ça, le but de la vie, justement, mais ça me tente pas. It's not good enough. Je pense que je suis peut-être juste pas faite pour vivre dans le monde comme il est. Je sais pas où j'étais censée être ni comment, mais j'imagine qu'il y a eu une erreur, somehow.
"I know the last page so well, I can't read the first
So I just don't start
It's getting worse"



