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Today was not a good day.
Entre deux nouvelles de possibilités de job awesome facilement obtenues qui vont pas marcher finalement, je me surprends à devenir comme (toi) pis à être incapable d'être contente pour mes amis pour qui ça va bien. So non seulement je suis une loser pas de job, mais je suis une amie de marde centrée sur elle-même.
Ça va pas bien. Ça va pas. Je conduisais autour de McGill tantôt, à regarder tous les petits étudiants tout frais et roses aux joues, heureux, nerveux, attendrissants. Jeunes, surtout. Ils ont choisi une direction et ils ont encore le temps de faire quelque chose de leur vie. À leur âge, moi, j'étais incapable de rester au cégep. J'étais incapable de manger, aussi, j'étais étrange, je perdais mon temps, je savais rien, et maintenant il est juste trop tard.
Dans quelques jours, je vais avoir vingt sept ans, et il est trop tard. Ce trip là d'être un jeune frat boy cave avec rien à perdre, d'être une freshman niaiseuse et insouciante, à dater des jolis garçons avec les yeux bruns pour quelques semaines, me peinturer les ongles en bleu, faire des batailles d'oreillers, porter des pantoufles en forme de lapin, ce trip-là, je l'ai jamais vécu, et je vais jamais le vivre. Être cette personne-là, ça va juste jamais m'arriver. À leur âge j'étais sombre, pauvre depuis longtemps, pognée au froid avec mon linge dans une taie d'oreiller, sur Ontario, à chercher une maison.
Mine de rien, c'est dur d'accepter ça. Il semble qu'à partir de maintenant, tout va juste devenir plus cher, plus difficile, plus sérieux, plus compliqué. J'ai aimé me dire que j'avais encore le temps pour des années, mais je l'ai plus, là, le temps. Je suis officiellement loser. Je l'ai perdu, le temps. Il passe vite, le câlisse, et il pardonne vraiment pas.
J'ai perdu toute cette dernière année à faire tout ce que je voulais, sur le bras, à prendre mon temps, à dormir, à regarder dehors changer les saisons en trouvant ça beau. J'ai attendu l'épiphanie, l'option facile qui me tomberait dessus, parce que je sais que si rien me tombe dessus, je ferai jamais rien.
L'épiphanie, elle est pas arrivée. Et maintenant faut recommencer. Encore. Faire pareil comme avant, et j'en ai pas envie. Moi j'avais envie de penser que j'étais spéciale pis que ma vie le serait aussi.
Je suis pas spéciale. Pis toi non plus. Je le sais maintenant, mais c'est pas plus facile de vivre avec ça pour autant. Je reste pognée avec le feeling que le monde tourne autour de moi, parce que tsé, c'est la seule perception que j'ai, à travers mes yeux, et j'ai envie de trouver ça important, mais crisse, je lève les yeux deux secondes et je suis bien obligée d'admettre que ça a aucun sens.
C'est que je me laisse toujours prendre par ces espèces de moments forts, tsé quand tu marches dans la rue en écoutant une osti de bonne chanson, pis là tout est un vidéoclip, tout fitte, pis yish que la toune est bonne pis que c'est intense de vivre et que tes émotions sont sérieuses. C'est l'automne, tout le monde marche en rythme et tu t'inventes des regards intenses avec des inconnus en te faisant des scénarios dans ta tête.
Ces scénarios-là, ils se réalisent jamais, et deux secondes après t'attends à une lumière comme tout le monde, pis tout le monde s'en crisse de toi.
Je suis censée faire quoi, moi, si je suis pas capable de me contenter d'avoir une vie juste "ok"? Je l'aurai pas, la vie que je veux. Cette vie-là, elle est pour les films et pour les gens qui foncent. Moi, j'ai tellement peur de perdre que je fais absolument rien. Je l'aurai pas, ma vie, il est trop tard. Je vais devoir "faire des compromis", "me contenter de ce que j'ai", pis un jour, si je me fie aux statistiques, je vais mourir d'une mort lente et painful, et je vais disparaitre. Ça, ma vie, ma vie que je prends donc au sérieux, qui me cause tellement d'osti d'émotions, elle aura rien changé. Rien. C'est indéniable, pis je m'excuse, mais c'est horrible.
Pourquoi j'ai la capacité d'avoir des rêves de grandeur et un instinct de "faire une différence" alors que, dans le grand scheme of things, ça va juste pas arriver? Des fois, c'est relaxant de constater son insignifiance. Mais des fois, comme maintenant, ça donne envie de laisser tomber, et ça rend mon darkness plus grand que mon coeur. J'ai plus mille options, là, je vais soit devoir accepter que je suis inutile, ou je vais devoir abandonner. Voyez-ça comme vous voulez, mais moi, ça fait rusher ma tête.
Vous êtes trop nombreux. Vous êtes partout, vous êtes tous pareils, vous faites du bruit, vous faites des bébés, vous générez des vidanges, vous mangez, vous chiez, vous mourez, vous me rendez frustrée, indifférente, horny, vous me faites rire, et j'suis juste tannée de voir vos faces, vos traits prévisibles, vos outfits étudiés. Tout ça, ça sert absolument à rien. Tout m'insignifie de plus en plus... J'avais des valeurs, avant, y'avait des choses qui m'importaient. C'est plus tellement le cas. Tout ce que je fais, je le fais juste pour passer le temps.
J'imagine qu'il y a un juste milieu entre être complètement égocentrique pis se trouver insignifiant dans la masse, mais je l'ai pas trouvé. Je me fais chier dans les deux cas. Je vis de la shit, et j'ai bobo, ou j'ai du content, mais en fait, ça crisse rien. C'est même pas un peu important. Pis sachant ça, la souffrance devient plus souffrante et le bonheur s'éteint. Je pense pas que je vais être capable de vivre sans que l'amertume pis l'envie prennent toute la place, et je veux pas vivre comme ça. Elle me sert à rien du tout, ma grosse tête, si j'ai pas les balls qui vont avec.
Je veux pas accepter une existence insignifiante, mais je veux pas passer ma vie à me battre non plus, à essayer de trouver du merveilleux dans de la marde. C'est peut-être ça, le but de la vie, justement, mais ça me tente pas. It's not good enough. Je pense que je suis peut-être juste pas faite pour vivre dans le monde comme il est. Je sais pas où j'étais censée être ni comment, mais j'imagine qu'il y a eu une erreur, somehow.
"I know the last page so well, I can't read the first
So I just don't start
It's getting worse"
mercredi 22 septembre 2010
Ah pis fuck it.
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10 commentaires:
Hey,
je suis toujours impatient de lire des nouveau texte sur ton blog. j'adore ce que tu écris et comment tu l'écris.
là putain c'est dark. j'ai pas eu froid dans le dos comme ça depuis le dernier Michel Houellebecq.
L'art est fait pour intensifier la vie et pas pour te faire rêver que c'est mieux sur Orion.
de mon point de vue (géographique aussi) ton lifestyle est bien exotic et "full of possibilities"
a bientôt.
Vincent
Ouf, c'est dark oui. Je sais pas quoi commenter mais je comprends comment tu peux te sentir. Et j'ai vraiment aimé comment tu décris la sensation de marcher dans la rue et de croire que tout est comme ça doit être, que tu es à ta place dans l'univers, tout ça juste parce que la chanson dans ton iPod était juste trop bonne. Ça m'arrive tellement souvent, et je vis que pour des moments comme ça.
ben là Gab t'es mariée avec un gars que t'aime? major pas fail, ça!!
ce que je vais dire est probablement aussi dur à accepter que ce que t'énonces ici, mais à part tes proches-proches, dans la vie, tout est éphémère et (en effet) rien n'est (si) spécial. dans le contexte que, dans cent ans, on ne se souviendra pas plus de Catherine Pogonat que d'Anne-Marie Losique (ou que de Michel Houellebecq, si ça se trouve... ok peut-être 200 ans), ben regarder les oiseaux et angoisser des fois, c'est moins pire que pas mal d'autres affaires.
reste juste à écrire des livres.
Quand tu travaillais chez Canoe,tu disais:"ça se peut pas la vie de robot..de zombie ou jsais pas trop ,ça peut pas être ça la vie"....pis là tu prends un break tu r'gardes les wézo pis tu chiales :" c'est nul tout ça,..je suis rien,tout est insignifiant" etc...
Tout ça ,c'est juste des histoires,le boring existe pas plusse que le wow,les émotions sont passagères et irréelles,je trouve jusse que tu écris tellement bien et je t'aime.
Ton post - dark, indeed - m'a fait pensé à un email envoyé il y a un peu plus d'un an à une amie. On sait pas, ça pourrait aider...
"Yesterday, I went out for a dinner with friends from high school. Friends who all seem to be in the same place we are right now, you and I, asking themselves the same questions, dreading the same answers, but going on anyway, also. It reminded me of the conversation we had on Sunday, and I thought I should tell you about it: we are in this together. We all are. We all struggle to understand where we stand, where we are heading and why on earth we should want to go there.
The other night, I woke up with the idea of quicksand, Life as a metaphorical quicksand. If we should believe what we see in movies, quicksand are living creature that can suck you into some bottomless pit unless you are lucky enough to be saved by some hunk passing by or by grabbing a liana. This is how I was feeling about Life in general not too long ago, and I am almost certain you feel something along those lines too at times. Science tells us, though, that quicksand is not quite the fearsome force of nature that we might think it is. In fact, it is rarely deeper than a few feet, basically just ordinary sand saturated with water so that can no longer support any pressure. Here's the thing: we think it is dangerous, we fear it, but in fact, the only thing dangerous in this phenomenon is the panic we may bring in the mix. Read this:
"The human body has a density of 62.4 pounds per cubic foot and is able to float on water. Quicksand is denser than water -- it has a density of about 125 pounds per cubic foot -- which means you can float more easily on quicksand than on water. The key is to not panic. Most people who drown in quicksand, or any liquid for that matter, are usually those who panic and begin flailing their arms and legs."
Basically, you COULD actually die in quicksand if, say, the tide was coming up on you or if you were to be attacked by wolves or blood-thirsty seagulls or sex-crazed bonobo monkeys, or if you were unlucky enough to actually drown in it by falling you head first... otherwise, it is unlikely.
What does this whole geological shit means? Well, I believe we are all stuck in one massive quicksand pit, all waving our arms and wriggling our legs until we are so sucked in we can barely breathe. And there seems to be no easy way out of this besides bluntly waiting. After all, Science also tells us that if you ever get stuck in a quicksand, the best thing to do is to make slow movements and bring yourself to the surface, and then just lie back: apparently, you'll float to a safe level and the worst that could happen to you then is a shoe full of yet sand… which is annoying but not permanently damageable.
Life is WAY more complicated than we thought it would be. And so said all the 27-28 years old girl I was dining with last night, echoing what you had been telling me last weekend and what I had heard so many times before, from all sort of people, some of which were singles, some of which were committed, some jobless, some with wonderful houses, other with small apartments... but all in all, we all felt the damn quicksand closing around us no matter how happy and satisfied we *knew* we should be. But let’s be zen about this, will we? After all, we only need to remind ourselves that the key is slow movements and cool head – it proved to be working for me so far."
Se reconnaître autant dans un texte aussi compliqué relève du talent d'écriture brut.
ça fait du bien de lire ce que plusieurs n'acceptent pas.
Merci !?!?
www.extaseetdesespoir.wordpress.com
des fois ça aide d'aller voir ailleurs si on y serait pas?
me semble que tu serais excellente :
http://vacancier.vacancestransat.com/
WHATTT
Wow, mon Dieu, c'est presque trop beau pour être vrai. Je doute qu'ils veulent envoyer une grosse sur les plages autour du monde, mais en effet, mis à part ça, je serais parfaite, eek :)
C'est genre la meilleure job de l'univers, ça a presque aucun sens...
i know - too good to be true !
ravie que ca t'ait décroché un sourire.
postule!
Fucking bon texte man.
Mahwhee.
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